Introduction La pandémie de COVID-19 et les mesures de santé publique associées pourraient avoir influencé la consommation d’alcool. Nos recherches visaient à évaluer si l’adhésion aux mesures de santé publique était associée à des changements dans la consommation d’alcool et l’hyperalcoolisation rapide pendant la pandémie de COVID-19.
Méthodologie Une étude de cohorte prospective a été menée auprès de participants (50 à 96 ans) de l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (N = 23 615). Des rapports de cotes ajustés (RCa) ont été estimés à partir de modèles de régression logistique multinomiale pour les associations entre l’adhésion aux mesures de santé publique (quarantaine volontaire, participation à des rassemblements publics, sortie du domicile, port du masque et lavage des mains), les changements autodéclarés de la consommation d’alcool au cours de la première année de la pandémie et les changements mesurés de manière prospective dans la fréquence de consommation d’alcool et dans la fréquence des épisodes d’hyperalcoolisation rapide entre 2015-2018 et 2020
Résultats Au cours de la première année de la pandémie, 13 % (n = 2733) des participants ont déclaré avoir augmenté leur consommation d’alcool, alors que 13 % (n = 2921) ont déclaré l’avoir diminuée. Les mesures prospectives suggèrent que 19,1 % (n = 4421) ont augmenté et 34,5 % (n = 7971) ont diminué leur fréquence de consommation, alors que 12,9 % (n = 1427) ont augmenté et 17,6 % (n = 1953) ont diminué la fréquence des épisodes d’hyperalcoolisation rapide. Une forte adhésion aux mesures de santé publique, comparée à une faible adhésion, a été associée à une probabilité plus élevée de diminution de la fréquence de consommation d’alcool (RCa = 1,17; intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,06 à 1,30). Aucune association n’a été observée entre l’adhésion aux mesures de santé publique et les changements autodéclarés dans la consommation d’alcool ou dans la fréquence des épisodes d’hyperalcoolisation rapide. Les associations sont consistantes entre les groupes socioéconomiques.
Conclusion L’adhésion aux mesures de santé publique a été associée à une diminution, et non à une augmentation, de la fréquence de consommation d’alcool chez les adultes de 50 à 96 ans au cours de la première année de la pandémie de COVID-19.