Introduction
L’étude décrit le recours aux médicaments sur ordonnance et aux consultations
psychologiques au cours des 12 derniers mois chez les Canadiens adultes ayant
déclaré avoir reçu un diagnostic de trouble de l’humeur et/ou d’anxiété, les caractéristiques
sociodémographiques et cliniques associées à ce recours et les raisons invoquées
pour ne pas y recourir.
Méthodologie
L’Enquête sur les personnes ayant une maladie chronique au Canada –
Composante sur les troubles de l’humeur et d’anxiété de 2014 a été utilisée. L’échantillon
de l’étude (n = 2 916) a été divisé en quatre sous-groupes de traitement : (1) prend des
médicaments seulement; (2) a reçu des consultations psychologiques seulement;
(3) prend des médicaments et a reçu des consultations psychologiques; ou (4) n’a eu
recours à aucun de ces deux traitements. Nous avons combiné les trois premiers sousgroupes
et effectué des analyses descriptives et de régression logistique multivariée pour
comparer ceux qui prenaient des médicaments et/ou avaient reçu des consultations psychologiques
par rapport à ceux n’ayant pas eu recours à ces deux traitements. Nous avons
pondéré toutes les estimations afin que les données soient représentatives de la population
canadienne adulte vivant en logement privé dans l'une des 10 provinces et ayant
déclaré avoir reçu un diagnostic de troubles de l’humeur et/ou d’anxiété.
Résultats
La majorité (81,8 %) des Canadiens adultes ayant déclaré avoir reçu un diagnostic
de trouble de l’humeur et/ou d’anxiété ont indiqué prendre des médicaments et/ou
avoir reçu des consultations psychologiques (47,6 % prenaient des médicaments seulement,
6,9 % avaient reçu des consultations psychologiques seulement et 27,3 % avaient eu
recours aux deux modalités de traitement). Après ajustement des caractéristiques individuelles,
le recours aux médicaments et/ou aux consultations psychologiques était
significativement associé à un âge plus avancé, à un revenu du ménage plus élevé, à une
résidence dans la région de l’Atlantique ou au Québec et à un trouble de l’humeur et d’anxiété
concomitants ou à un trouble de l’humeur seulement. Le contrôle des symptômes
sans l’utilisation de médicaments était la raison le plus souvent invoquée pour ne pas
prendre de médicaments, et le désir de se débrouiller seul et la prise de médicaments figuraient
parmi les raisons le plus souvent citées pour ne pas avoir bénéficié de consultations
psychologiques.
Conclusion
La majorité des Canadiens adultes atteints d’un trouble de l’humeur et/ou
d’anxiété diagnostiqué prenaient des médicaments, mais une moins grande proportion
d’entre eux avaient reçu des consultations psychologiques. En dégageant les facteurs associés
au recours à ces traitements et les raisons invoquées pour ne pas y recourir, cette étude
met en lumière l’importance de discuter avec les patients des options de traitement et des
obstacles perçus afin d’offrir un traitement adapté à leurs besoins et leurs préférences.