Journal article
Efficacité à 2 ans des traitements anti-IL-5/IL-5R chez les patients atteints de Granulomatose Éosinophilique avec Polyangéite selon les antécédents de sévérité de la maladie
Abstract
Introduction La Granulomatose Éosinophilique avec Polyangéite (GEPA) est une maladie inflammatoire rare, caractérisée par la présence d’un asthme, d’une hyperéosinophilie et d’une vascularite des vaisseaux de petits à moyens calibres. Les manifestations spécifiques de la GEPA peuvent présenter des degrés de sévérité variables. L’étude MANDARA (NCT04157348) en double insu, sur 52 semaine, a démontré que le benralizumab (1×30mg) était non inférieur au mépolizumab (3×100mg) (administrés par voie sous cutanée toutes les 4 semaines) pour l’atteinte de la rémission chez des patients atteints de GEPA en rechute ou réfractaire. Une analyse post-hoc a montré une efficacité similaire des traitements anti-IL-5/IL-5R indépendamment des antécédents de sévérité de la maladie. Déterminer l’efficacité des thérapies anti-IL-5/IL-5R chez les patients atteints de GEPA, en fonction de la présence ou de l’absence d’antécédents de forme sévère de la maladie, pendant la période en double insu d’un an ainsi que durant la première année de l’extension en ouvert (OLE). Patients et méthodes Les patients qui ont complétés la période en double insu ont été invités à entrer dans la phase d’extension en ouvert (OLE) au cours de laquelle ils ont soit poursuivi le benralizumab (benra/benra, n =66), soit sont passés du mepolizumab au benralizumab (mépo/benra, n =62). Les critères d’évaluations à la semaine 104 comprenaient la rémission (Birmingham Vasculitis Activity Score [BVAS]=0 et corticothérapie orale [CSO]≤4mg/jour), la consommation de CSO et la tolérance. Les données des 2 groupes ont été regroupées pour évaluer ces critères selon la présence ou l’absence d’antécédents de GEPA sévère avant l’inclusion dans l’étude. Le groupe « GEPA sévère » incluait des patients ayant présenté par le passé au moins une des atteintes suivantes : cardiomyopathie, glomérulonéphrite, hémorragie alvéolaire ; ou ayant reçu un traitement par cyclophosphamide ou rituximab. Selon les critères d’exclusion, aucun patient n’avait de manifestations sévères de la maladie à l’inclusion dans l’essai. Résultats Parmi les 128 patients inclus dans l’étude d’extension en ouvert (OLE), 42 (32,8 %) présentaient des antécédents de forme sévère de GEPA (24 benra/benra, 18 mépo/benra) et 86 (67,2 %) n’avaient pas d’antécédents de forme sévère (42 benra/benra, 44 mépo/benra). Une proportion plus élevée de patients avec des antécédents de maladie sévère recevait un traitement immunosuppresseurs en dehors des CSO depuis le diagnostic de la maladie (GEPA sévère : 32 [76,2 %], GEPA non sévère 45 [52,3 %]) et avait présenté 3 à 5 rechutes (GEPA sévère : 14 [33,3 %], GEPA non sévère : 12 [14,0 %]) dans les 2 ans précédant l’inclusion. La proportion de patient ANCA positif était similaire dans les 2 groupes (GEPA sévère : 12 [28,6 %] ; GEPA non sévère : 23 [26,7 %]). Des taux de rémission ajustés similaires ont été obtenus à la semaine 104, indépendamment des antécédents de gravité de la maladie (GEPA sévère : 74,4 % ; GEPA non sévère : 60,2 % ; différence : 14,28 [intervalle de confiance (IC) 95 % : –2,53 à 31,10], p =0,0960). Les taux ajustés de rémission obtenue à la semaine 24 et maintenue jusqu’à la semaine 104 étaient également comparables entre les groupes (GEPA sévère : 28,9 % ; GEPA non sévère : 20,9 % ; différence : 7,98 [IC 95 % : –7,52 à 23,47], p =0,3129). Entre les semaines 101 et 104, une proportion similaire de patients des groupes sévère et non sévère a obtenu une réduction≥50 % de la dose de CSO par rapport à la valeur à l’inclusion (GEPA sévère : 71,9 % ; GEPA non sévère : 67,2 % ; différence : 4,63 [IC 95 % : –12,11 à 21,37], p =0,5875) et 54,8 % contre 38,4 % ont pu arrêter totalement les CSO (différence : 16,37 [IC 95 % : –1,54 à 34,27], p =0,0732). Les événements indésirables et événements indésirables graves étaient similaires entre les groupes, quelles que soient les antécédents de sévérité. Conclusion Les thérapies anti-IL-5/IL-5R ont démontré une efficacité similaire concernant l’obtention de la rémission, l’utilisation de CSO et le profil de tolérance chez des patients atteints de GEPA indépendamment des antécédents de forme sévère de la maladie. Ces données suggèrent un rôle des thérapies anti-IL-5/IL-5R dans la prise en charge des patients atteints de GEPA, y compris chez ceux avec des antécédents de manifestations sévère de la GEPA, en cohérence avec les recommandations de prise en charge EULAR1. Le rôle des anti-IL-5/IL-5R pour la prise en charge des manifestations actives de GEPA sévère requirent néanmoins d’autres études et des données issues d’études en vie réelle seront nécessaires pour valider ces analyses post-hoc préliminaires.
Authors
Hellmich B; Merkel PA; Jayne DRW; Terrier B; Roufosse F; Nair P; Khalidi N; Jackson DJ; Furuta S; Sjö LB
Journal
La Revue de Médecine Interne, Vol. 46, , pp. a596–a597
Publisher
Elsevier
Publication Date
December 1, 2025
DOI
10.1016/j.revmed.2025.10.442
ISSN
0248-8663
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