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Impact de la réorganisation des soins pendant les vagues de COVID-19 sur les patients hospitalisés pour un autre diagnostic que le COVID : étude de cohorte rétrospective monocentrique

Abstract

Introduction La pandémie de COVID-19 a contraint les systèmes de santé à se réorganiser en fonction des afflux de patients atteints de COVID-19. Les effets de cette réorganisation sur les résultats des patients non-COVID restent flous. De nombreux auteurs ont exprimé des inquiétudes quant au fait que des obstacles individuels et systémiques pourraient avoir compromis la qualité des soins pour les patients non-COVID pendant et après les vagues de la pandémie (ref). En Suisse, comme en France, les premiers cas de COVID-19 ont été signalés en février 2020, déclenchant une réorganisation rapide des soins hospitaliers. Matériels et méthodes Objectif : quantifier les effets des vagues successives de COVID sur la mortalité, la durée de séjour et le transfert vers les unités de soins intermédiaires et intensifs chez les patients non-COVID en comparant les périodes COVID et non-COVID. Étude de cohorte rétrospective. Patients : patients hospitalisés du 1er janvier 2019 au 1er mars 2023, dont le diagnostic principal de sortie n’était pas une infection COVID (« non-COVID »), à l’exclusion des patients des services de psychiatrie et de maternité. Définition des vagues : Nous avons considéré que l’hôpital était en « mode COVID » (vague) chaque fois que le nombre de patients hospitalisés avec un diagnostic principal de COVID-19 dépassait 60 patients par semaine (moyenne mobile sur 4 semaines). Outcomes mesurés : Mortalité hospitalière, taux de transfert vers les unités de soins intermédiaires et intensifs et durée de séjour. Ajustements sur le sexe, l’âge, la classe d’assurance, le niveau de soins, le service et le diagnostic principal. Résultats Un total de 22 972 patients « non-COVID » sur trois vagues COVID ont été inclus et comparés à 51 252 patients pré-COVID, 46 753 patients dans la période intervague et 39 844 patients post-COVID. Par rapport à la période pré-COVID, la mortalité hospitalière des patients non-COVID a augmenté de manière significative pendant toutes les vagues COVID, atteignant un pic lors de la première vague (OR 1,25, IC à 95 % [1,05, 1,49]), et a diminué pendant les périodes inter-vagues (OR 0,91, IC à 95 % [0,85, 0,97]). Les transferts vers les unités de soins intermédiaires ont augmenté tout au long de la période COVID et se sont normalisés après COVID, tandis que les transferts vers les unités de soins intensifs ont diminué de manière significative à partir de la deuxième vague. Par rapport à la période pré-COVID, la durée du séjour n’a pas différé pendant la première vague et a été plus courte pendant les autres périodes. Discussion La surmortalité hospitalière des patients hospitalisés pour autre chose que le COVID, durant la première vague du COVID peut être due à plusieurs facteurs : forte pression hospitalière pouvant conduire à des admissions sélectives de cas plus graves ou retard de prise en charge lié à la peur et/ou à la réorganisation des soins. La diminution de la mortalité intervague pourrait être engendrée par un « effet moisson » (individus les plus vulnérables succombent pendant la crise). Limites : incapacité à distinguer la mortalité due à une infection secondaire au COVID et les complications de maladies non liées au COVID. Étude monocentrique. Conclusion L’aggravation des résultats (notamment de la mortalité) pour les patients non-COVID pendant les vagues de COVID souligne la nécessité de protocoles garantissant la qualité des soins lors des futures épidémies.

Authors

Buclin C; Agoritsas T; Berner A; Carballo S; Coen M; Darbellay-Farhoumand P; Grosgurin O; Kherad O; Leidi A; Marti C

Journal

La Revue de Médecine Interne, Vol. 46, ,

Publisher

Elsevier

Publication Date

June 1, 2025

DOI

10.1016/j.revmed.2025.03.323

ISSN

0248-8663

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