Introduction et but de l’étude La limitation de l’activité physique, liée ou non à des comorbidités, conduit au déconditionnement c’est-à-dire une perte des capacités d’adaptation cardiovasculaire et musculaire à l’effort. L’épreuve d’effort cardiorespiratoire (EFX) permet de mettre en évidence cette limitation et d’identifier les mécanismes physiopathologiques impliqués. Notre objectif principal est de comparer les caractéristiques des patients obèses selon la présence ou non d’un déconditionnement à l’effort. Matériel et méthodes Cent-dix-huit patients obèses ont été inclus dans cette étude rétrospective monocentrique entre janvier 2014 et décembre 2016. Ils étaient définis comme « déconditionnés » ou « non déconditionnés » selon le ratio fréquence cardiaque (FC) au pic de l’effort – FC de repos/VO2 au pic – VO2 de repos à l’EFX, respectivement ≥ ou<50. Les données anthropométriques et métaboliques, les épreuves fonctionnelles respiratoires de repos (EFR) et les EFX ont été comparées entre les 2 groupes. Résultats et analyse statistique Les patients « déconditionnés » étaient plus fréquemment des femmes (88 % vs 55 %, p <0,001) avec un IMC plus bas (38,6±5,4 vs 42,6±6,8kg/m2, p <0,01), conséquence d’une perte de masse non grasse (p <0,001) et un HOMA-IR plus faible (3,5±1,9 vs 5,9±5,6, p =0,03). Ils présentaient une tendance restrictive plus marquée (p =0,01) et hyperventilaient au pic de l’effort (p <0,01) pour une VO2 équivalente (NS). Conclusion Paradoxalement, les patients obèses « déconditionnés » présentaient un IMC plus faible confirmant les limites de ce critère. Cette limitation semble plus être la conséquence d’une baisse d’activité physique que de comorbidités suggérant l’intérêt d’une remise à l’effort de ces patients.