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Les animaux comme partenaires de chasse: Réciprocité chez les Cris de la baie James

Abstract

Chez les chasseurs cris de la région de la baie James, dans le nord du Québec, le monde de la pensée et celui des animaux interfèrent souvent, au gré des divers événements de la vie et des activités quotidiennes – chasse, relations sociales, luttes politiques. Tout comme les Ojibwa décrits par A. I. Hallowell, les Cris ne font pas de distinction radicale entre nature et société, ou entre humains et animaux, mais vivent dans un monde animé par différentes sortes de personnes. Si les animaux sont crédités d’une pensée aux yeux des chasseurs cris, ces derniers ne sauraient cependant avoir qu’un accès indirect et incomplet à cette pensée. La chasse crée des contacts avec le monde non humain. Ces expériences nouvelles sont en adéquation profonde avec les habitudes des Cris et confirment par là même la réalité de ce monde autre. Les grandes ruptures, dans ce cosmos social, sont le résultat d’actes asociaux tels que l’exploitation des animaux et des hommes perpétrée par des « cannibales de la forêt » ou des non-Cris. Au milieu de toutes les dégradations causées à leurs terres par l’industrie, les animaux incarnent idéalement – mais aussi très physiquement – le maintien de cette relation de réciprocité qui confirme aux Cris leur propre permanence.

Authors

Feit HA

Journal

Terrain, , No. 34, pp. 123–142

Publication Date

March 1, 2000

DOI

10.4000/terrain.1005

ISSN

0760-5668

Labels

Fields of Research (FoR)

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